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Copie d'une lettre du citoyen Vincent, ordonnateur de la marine au port de Bordeaux, au ministre de la marine, en date du 6 Juin. . Mon. 12 Juillet 1793. Je vous rends compte de la rentrée dans noire rivière, depuis hier, du corsaire la Citoyenne-Française, de Bordeaux, capitaine Dubedat, de 26 canons de huit et de douze en batterie, et de six sur les gaillards, après un glorieux combat, qu'il a soutenu de 13 du mois dernier, depuis 6 heures jusqu'à 8 heures et demie du soir, contre une frégate anglaise, de 40 canons, par la latitude de 42 degrés 24m. nord, et 15 degrés de longitude de Paris. Le capitaine Dubedat a été tué dans le combat par un boulet qui lui a donné dans la poitrine ; le citoyen Rigal, son second, a pris le commandement ; mais l'Anglais ayant fait vent arrière, étant désemparé de son beaupré et de son mât de misaine, la Citoyenne-Française le poursuivait ; mais obligée de réparer sa manœuvre toute hachée, et de jumeller ses bas màts qu'elle s'apperçut être prêts à tomber, elle a perdu I'ennemi de vue dans la nuit, sans le retrover le lendemain, n'ayant pu forcer de voile pour le conserver. Elle a cu 16 hommes de tués et 37 blessés : elle avait fait une prise peu de jours après sa sortie. On ne sait pas qu'elle soit arrivée dans nos ports : elle doit envoyer à terse seize prisonniers anglais que je ferai mettre au château du Ha. Le capitaine Rigal rapporte que l'Anglais avait des troupes à bord en grande quantité. Cute forte mousqueterie leur a tué et blessé beaucoup de monde : ayant le vent sur l'ennemi qu'il a conserve, malgré ses tentatives pour le lui gagner il s'est battu bord à bord. Il fait le plus grand éloge de la fermeté et de la bravoure de son équipage, et si sa manoeuvre et sa mâture n'avaient pas été si délabrées, il ne doute pas que, dans l'état de détresse où était l'Anglais, il ne l'eût enlevé à l'abordage, quoique d'une force inférieure à l'ennemi. ^ back to top ^ |