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Lettre du commandant d'armées au ministre de la marine, datée de Brest, le 3 Juin 1793. J'ai l'honneur de vous rendre compte que la frégate la Sémillante, qui avait été croisée sur Finistre, est rentrée hier ici. Le citoyen Garreau, enseigne non-entretenu, qui la commande aujourd'hui, fait rapport que le 27 Mai, par la latitude nord de 46 degrés 12 minutes, et 16 degrés 13 de longitude occidentale, ils ont vu à une heure du matin, vent de E.N.E. un bâtiment sous le vent courant à bord opposé vers S.E. La Sémillante, que courait N. a viré de bord pour l'observer. L'ayant reconnu frégate an anglaise de 40 canons, le lieutenant Gaillard l'attaqua à six heures, et après trois quart d'heure de feu, cet offîcier (Gaillard) a été tué d'un coup dans la poitrine. L'officier en second, Belleisle, pris alors le commandement, et après quelques minutes, il fut tué aussi. Garreau, ayant pris le commandement, et voyant que plusieurs coups de ses canons se perdaient inutilement, s'approcha à portée du pistolet ; aloes le feu devint plus vif jusqu'à neuf heures et demie, où la Sémillante tenta d'aborder l'Anglaise, qui s'y refusa en serrant au vent en ralingue ; mais les boulines de la Sémillante venant d'être coupées, elle ne put serrer assez près l'ennemi dans cet instant, et n'a pu exécuté l'abordage auquel la frégate ennemie se refusa net, en faisant servir ce qu'elle avait de voiles poor courir vers l'est, et quitter le combat, bien maltraitée sans doute, trois de ses sabords ne paraissant qu'en faire une, et son gaillard d'arrière très fricassé. La Sémillante alors songea à se réparer, et, pour y procéder hors de la portée des croiseurs qu'elle aurait pu rencontrer en force, elle courut un peu à l'ouest, d'où la situation de ses mâts l'ont obligée de revenir à Brest pour s'y réparer. Cette frégate, dont l'équipage a bravement fait son devoir, sans se rebuter de perte des deux premiers chefs, a cu 12 hommes tués et 20 blessés, sa mâture et sa haubanne endommagée. ^ back to top ^ |