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Naval History of Great Britain - Vol III
  Appendix  

No. 12.
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A quatre heures du matin, il aperçut dans ses eaux quatre bâtimens, qu'il reconnut pour ennemis : c'était en effet une partie de l'escadre anglaise : le César, monté par l'amiral Saumarez, le Vénérable, le Superbe et la frégate la Tamise. Le brave Troude se disposa au combat et renforça ses batteries par lei hommes des gaillards. Il fat joint d'abord par le Vénérable et la Tamise: le premier envoya sa volée par la hanche de babord, et le Formidable arriva pour serrer cet adversaire au feu : le combat le plus vif s'engagea vergue à vergue, et souvent à longueur d'écouvillon. Le capitaine français ordonna de mettre jusqu'à trois boulets dans chaque canon. La Tamise le battait en poupe ; mais ses canons de retraite ripostaient à ce feu. Les deux autres vaisseaux ennemis arrivèrent successivement, et, ne pouvant doubler le Formidable au vent, ils prirent position par sa hanche de babord. Les premières volées du vaisseau français démâtèrent le Vénérable de son perroquet de fougue, et bientôt après de son grand mât : l'anglais laissa arriver ; mais Troude le suivit dans ce mouvement pour le battre en poupe, en même temps qu'il faisait canonner le César, qui, se trouvant de l'avant du Vénérable, ne pouvait riposter : pas un boulet français n'était perdu. Dans cette position, le Vénérable perdit encore son mât de misaine. Troude fit diriger ensuite tout son feu sur le César, le serrant le plus près possible ; après demi-heure d'engagement, quoique l'anglais, qui avait toutes ses voiles, dépassât le Formidable, et forçât celui-ci à manúuvrer pour le tenir par son travers, le César abandonna la partie, arriva en désordre, prit lei amures à babord, et rejoignit le Vénérable, auquel la Tamise portait des secours. Il restait encore à combattre le Superbe, qui était par la joue de babord du vaisseau français ; mais l'anglais laissa arriver, passa sous le vent au Formidable, hors de portée, et rejoignit les autres bâtimens. A sept heures du matin, le capitaine Troude était maître du champ de bataille. Il fit monter dans les batteries le reste des boulets, qui pouvaient lui faire tenir encore une heure de combat, rafrachir le vaillant équipage qui l'avait si bien secondé, et réparer son gréement ; ses voiles étaient en lambeaux ; la brise de terre avait cessé, et il se trouvait en calme, à portée de canon de l'escadre ennemie, dont lei embarcations étaient alors occupées à secourir le Vénérable. Ce vaisseau avait encore démâté de son mât d'artimon, et les courans le portaient à la côte. A dix heures, le vent ayant fraîchi, la Tamise essaya de prendre ce même vaisseau à la remorque ; mais, ne pouvant se relever, il fut s'échouer entre l'île de Léon et la pointe Saint-Roch, à deux ou trois lieues de Cadix. - Victoires et Conquêtes, tome xiv., p. 168.

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